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Prof. Bassirou Bonfoh : « Avec ce prix, nous avons accordé l’opportunité à ces trois lauréats de venir séjourner au CSRS (…) pour apprendre, échanger et renforcer leurs capacités »

Dans le cadre du SIALO, un « concours de promotion de l’excellence dans la recherche agroalimentaire » a été organisé avec le soutien de la GIZ et du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche. Trois étudiants togolais sont lauréats et bénéficient d’une prise en charge de deux semaines au centre suisse de recherche scientifique (CSRS) basée à Abidjan en Côte d’Ivoire. Son directeur général Dr Bassirou Bonfoh explique le rôle du centre dans la promotion de l’agriculture et les raisons de son implication dans ce concours.

Qu’est ce qui a motivé le centre suisse de recherche scientifique à soutenir ce concours du SIALO ?
Le centre suisse de recherche scientifique est un vieux centre qui est créé depuis 1958. Il intervient dans les secteurs de la santé, la biodiversité et l’agriculture. Nous travaillons à l’interface de ces secteurs. Bien qu’étant en Côte d’Ivoire, nous avons un mandat régional, nous aidons à développer les partenariats avec les pays de la sous-région. Et le Togo, le pays d’où je viens est un pays prioritaire où nous voudrions développer un certain nombre de choses. Il s’agit de promouvoir l’enseignement supérieur et de la recherche. Et saisir l’occasion du SIALO pour voir quelle est la touche que nous pouvons apporter au développement de l’agriculture et de la transformation. C’est ce qui nous amène après cette invitation de pouvoir identifier les secteurs et ensemble avec le commissaire du SIALO et l’Université de Lomé, initier le premier concours pour les étudiants qui font les recherches en agriculture et agroalimentaire. Ce concours va permettre de primer trois (03) étudiants sur leur projet et essayer de développer leur projet en thèse ou en Master. Et cela va les aider à démontrer leur projet en projet innovant sur des thématiques qui sont porteuses pour le pays. Avec ce prix, nous avons accordé l’opportunité à ces trois lauréats de venir séjourner au CSRS en Côte d’Ivoire pour apprendre, échanger et renforcer leurs capacités. C’est un séjour de deux semaines que nous offrons et nous verrons ce que cela va apporter à l’avenir.

Pourquoi cette innovation ?
L’innovation, c’est que vous voyez en matière d’agriculture, la recherche a toujours été mise à l’écart alors que les avancées technologiques sont conduits aujourd’hui grâce à la recherche. Donc, nous voulons reconnecter la recherche scientifique avec le monde agricole pour pouvoir aller rapidement à l’autosuffisance alimentaire et à la nutrition. Un salon de l’agriculture ne peut pas se faire uniquement avec des agriculteurs, la recherche devrait apporter des solutions aux problèmes posés par non seulement les agriculteurs mais tous ceux qui sont dans le secteur agricole.

Les produits de la recherche sont-ils compétitifs sur le marché ?

Les produits peuvent être compétitifs. Selon notre approche, la première action, nous nous disons qu’il faut d’abord avoir le marché. Quand vous avez le marché et vous avez ce que veut le marché, vous pouvez ensuite développer le produit et la qualité recherchée. Le salon est une opportunité de venir voir ce qui est possible et les opportunités qu’on peut produire au Togo et partant de là les producteurs peuvent faire des choix et la recherche peut les accompagner.

Quels sont les critères en termes de compétitivité ?
La compétitivité se mesure à deux niveaux la qualité et le prix. Il n’y a pas de problème actuellement, les produits togolais sont très compétitifs. En termes de qualité, c’est là où il faudrait surtout mettre l’accent et c’est pourquoi ce salon fait la promotion de l’emballage et de la qualité intrinsèque des produits pour les consommateurs.

Un label “Made in Togo”, que faire pour sa pérennité?
Le label qualité n’est pas décrété. Il y a des comités nationaux qui travaillent pour donner les différents labels et il faut que les transformateurs et agriculteurs soient engagés et acceptent d’aller vers ce label parce que ce sont des certificats qu’on donne et les maintenir durant tout le cycle de vie d’un produit.

Merci M. Bonfoh

Propos recueillis par Anderson AKUE

(www.ecovisionafrik.com)

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