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«Paludisme, actualités et perspectives d’élimination en Côte d’Ivoire » contribution du CSRS

La lutte contre le paludisme a connu des avancées importantes en terme de baisse de la morbidité et la mortalité. Dans la période de 2010 à 2015, le nombre de cas de paludisme a baissé de 21% et celui des décès de 29%. (ref ??) Malgré ces avancées, le paludisme demeure toujours un problème majeur de santé publique notamment en Afrique Sub-saharienne avec plus 90 % des cas. Dans cette région africaine, l’endémie palustre fait partie des nombreux défis à relever au cours du 21ième siècle. Il est vrai que le paludisme a été éradiqué dans les pays dits développés grâce aux efforts internationaux, mais jusqu’en en 2015, la situation est restée toujours préoccupante dans près de 91 pays principalement confinés dans la zone intertropicale du globe terrestre. Le niveau de pauvreté dans ces pays endémiques existe à des degrés plus ou moins variables. Cela contribue à l’ancrage de la maladie dans la ceinture de pauvreté. Face à cette situation, l’une des questions importantes est de savoir si l’élimination et l’éradication sont-elles possibles en Afrique Sub-saharienne et singulièrement en Côte d’Ivoire ? Quelles stratégies adaptées aux environnements éco-épidémiologiques devraient être mises en œuvre pour une lutte efficace et durable contre le paludisme ? Depuis plusieurs décennies, des actions de lutte sont menées avec plus ou moins de succès selon le niveau d’endémicité et bien d’autres facteurs dictés par les vecteurs, les plasmodies, l’homme et l’environnement. L’homme placé au cœur de tous ces processus se retrouve ainsi piégé du fait de ses comportements qui majorent la transmission et contribue de façon directe ou indirecte au maintien du paludisme malgré les efforts de lutte. Chaque année, une journée mondiale est consacrée à cette grande endémie. Ces journées dédiées à la lutte contre le paludisme constituent une réelle opportunité pour tous les acteurs intervenant à diverses échelles, de faire le point de la situation et envisager les perspectives pour une meilleure coordination des interventions. En Côte d’Ivoire, la célébration de la journée mondiale de lutte contre le paludisme édition 2017 a eu lieu le 25 avril 2017 dans le district sanitaire d’Adiaké situé au sud-est du pays. Le Programme National de lutte contre le Paludisme (PNLP) est resté en phase avec la thématique mondiale tout en affichant sa détermination à s’engager ensemble avec tous les acteurs pour "En finir pour de bon avec le paludisme". L’édition 2017 de la journée mondiale a été précédée du 4e Colloque scientifique organisé par le PNLP les 19 et 20 avril 2017 à l’Université Félix Houphouët-Boigny. Le colloque scientifique avait pour thème : "Paludisme, actualités et perspectives d’élimination en Côte d’Ivoire". A l’instar d’autres structures et Institutions, le Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d’Ivoire (CSRS) a pris part à cette importante plateforme d’échanges avec six (6) communications scientifiques portant sur le vecteur, les parasites et l’homme. La triple résistance de ces entités reste l’un des leviers importants à combattre ensemble si l’on veut "en finir pour de bon avec le paludisme". Il a été noté que les vecteurs du paludisme ont réussi à s’adapter à des gîtes atypiques pour leur reproduction. Ces moustiques se retrouvent désormais dans les canaris ; les boîtes de conserve ouvertes; les creux d’arbres ; les pneus usés ; les noix de coco ouvertes, en somme, dans les endroits où ils ne sont pas attendus. Les parasites parviennent à leur tour à déjouer les outils de diagnostic et à induire en erreur les praticiens lors des prescriptions pour la prise en charge. Un intérêt doit donc être porté sur les réservoirs que constituent les porteurs asymptomatiques de plasmodies. Ces réservoirs sont les sources d’infestations lorsque les conditions environnementales sont favorables à la bio-écologie des vecteurs. Concernant la chimiosensibilité des plasmodies, certaines populations parasitaires ont développé des aptitudes à survivre même en présence de doses habituellement léthales  d’antipaludiques. Des souches résistantes à la Chloroquine et à la Pyriméthamine sont toujours existantes (travaux de surveillance au CSRS). Ailleurs en Afrique, un cas autochtone de résistance à l’artémisinine a été rapporté. Il est vrai qu’il n’y a pas lieu de céder à la panique comme rassurent les spécialistes mais l'augmentation du temps de clairance parasitaire doit interpeller les acteurs de la recherche et la lutte. Un renforcement du système de santé en vue d’une surveillance permanente parasito-clinique et environnementale s'avère très importante afin d'éviter les surprises. Des actions concertées doivent être déployées au niveau national et transfrontalier pour une meilleure surveillance de l’efficacité des antipaludiques. Une communication du CSRS relative à la résilience face au paludisme a montré que les institutions de lutte disposent d’atouts pour construire leur résilience. Ces atouts doivent être renforcés afin de soutenir la construction de la résilience des communautés. Les messages de sensibilisation pour le changement de comportements doivent également être évalués en termes de compréhension par les bénéficiaires, d’audience atteinte et d’impatcs afin d’ajuster les interventions. Face aux efforts enregistrés jusque-là dans la lutte contre le paludisme, l’OMS ambitionne d’accélérer les progrès vers l’élimination puis l’éradication en incitant les pays touchés ainsi que les acteurs/partenaires à augmenter leurs investissements en harmonie avec la stratégie technique mondiale 2016-2030 qui met l’accent sur l’accès universel à la prévention, le diagnostic, le traitement, la surveillance. Il est certain que la propulsion sur la voie de l’élimination contribuera également à d’autres objectifs de développement durable qui intègrente les maladies tropicales négligées. Nous restons également convaincus que la disponibilité des ressources nécessaires, la communication et l’implication harmonieuse de tous les partenaires dans une vision commune reste un atout très important pour en finir réellement et définitivement avec le paludisme. C’est dans cet élan que le CSRS initiera bientôt un atelier d’échanges et de concertation avec les différents programmes nationaux. Cette rencontre va renforcer les interactions entre Chercheurs-Programmes pour une meilleure coordination des actions de lutte contre les maladies tropicales en Côte d’Ivoire. 

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