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Projet TDR-OMS : le CSRS abrite le premier atelier devaluation

Suite à un appel à projets émis en 2012 par le Programme Spécial de Recherche et de Formation sur les Maladies Tropicales (TDR/OMS) en collaboration avec le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), une équipe de 21 chercheurs du CSRS, de la Mauritanie et de la Suisse a été retenue pour l’exécution d’un projet intitulé « Vulnérabilités et résilience au paludisme et aux bilharzioses aux franges nord et sud de la bande sahélienne dan s un contexte de changements climatiques ». Après un an d’exécution, il convenait d’évaluer le travail de recherche de ces étudiants ainsi que l’état d’avancement des activités du projet d’où la tenue d'un atelier les 10 et 11 Février 2015 avec la présence effective de 34 participants comprenant les programmes nationaux de lutte contre le paludisme et la bilharziose, les directeurs de thèses et mémoires, les chercheurs du projet, la société civile accompagnant le projet. L'atelier présidé par le Prof. Bassirou Bonfoh, Directeur Général du Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d'Ivoire avait pour but d'apprécier (i) l’état d’avancement des travaux de recherche des étudiants; (ii) le taux de réalisation des activités de la première année du projet; (iii) le rapport coût efficacité pour les activités réalisées. L'atelier a d'emblée permis de mettre en exergue les activités conduites dans le cadre dudit projet. Il s'agit entre autres des données collectées en saison des pluies dans les villes de Korhogo et Kaédi respectivement en Côte d’Ivoire et en Mauritanie. A cela s'ajoutent les données socio-économiques, parasitologiques, malacologiques,  entomologiques, environnementales, météorologiques qui ont été recueillies. Selon le Dr Brama Koné, Investigateur Principal dudit projet, les données recueillies à ce jour ont permis de faire une analyse préliminaire de la vulnérabilité des populations, identifier des indicateurs de la transmission, caractériser les systèmes socio-écologiques et proposer des scénarii basés sur l’évidence en vue d’accroître les stratégies d’adaptation et de résilience des communautés dans les villes de Korhogo et Kaédi. Outre le passage en revue des activités, les participants se sont accordés sur les résultats préliminaires obtenus au cours de la première année tels que libellés ci-dessous :  

  1. La prévalence du paludisme dans la ville de Korhogo est 17% (583/3422). Les espèces plasmodiales rencontrées ont été Plasmodium falciparum (99,65%; 581/583) et  P. malariae ( 0,34%; 2/583). La prévalence de la bilharziose urinaire est   2.6% à Korhogo contre 0.5% a Kaédi. Celle de la bilharziose intestinal est de 5.9% à Korhogo contre 0.1% a Kaédi. La médecine moderne demeure le choix de soin par excellence des populations de Korhogo. De ce fait, les plus pauvres sont les plus exposés au fardeau du paludisme et des Bilharzioses.
  2. 325 et 175 points d’eaux usées stagnantes, gîtes potentiels de développement des anophèles, vecteurs du paludisme, ont été repertories respectivement à Korhogo et Kaédi. 160 A. gambiae ont été collectées dans ces points d’eau à Korhogo contre 2 à Kaédi. Les populations des deux villes pratiques diverses activités (agricultures, pêche, baignade, lessive…) au niveau des grands points d’eau de la ville, les exposant aux mollusques hôtes intermédiaires dans la transmission des bilharzioses. 10 mollusques hôtes intermédiaires ont été collectés au niveau de ces points d’eau à Korhogo contre 13 a Kaédi, aucun de ces mollusques n’a été trouvé infecté.
  3. Au plan Socio-Anthropologique, l’étude a montré que les populations de Korhogo et de Kaédi mobilisent différents atouts afin de construire leur résilience face au paludisme et aux bilharzioses. Les plus importants sont le capital individuel et le capital social, tributaires de leurs savoirs endogènes et de leurs perceptions des deux pathologies. Les analyses bio-statistiques conferment cela et montrent que les perceptions et pratiques des populations les rendent vulnérables aux 02 pathologies. En effet le SCORE de résilience varie selon les villes et tient compte des capacités individuelles. Cette variation n’est toute fois pas significative entre les deux villes d’étude mais est significativement différente au niveau des individus.
  4. Au niveau de l’administration du projet, l’implication de toutes les parties prenantes au niveau national de chaque pays (programmes nationaux de lute contre les deux maladies, décideurs locaux, communautés, ONGs,…) est effectif et se renforce. Quatre étudiants en thèse de Doctorat et 2 étudiants en Master (dont l’un a déjà soutenu son mémoire) ont été recrutés. Plusieurs présentations scientifiques ont été faites à deux conferences internationales en Côte d’Ivoire et au Canada.
 C'est donc sur ces notes de satisfaction que RDV a été pris pour 2016 en vue de mésurer à nouveau l'état d'avancement du projet TDR-OMS dont les conclusions finales restent très attendues par l'ensemble des acteurs. 

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