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Agriculture Familiale : Les experts Africains invitent à une redynamisation du secteur

Identifier les facteurs (intrinsèques et extrinsèques) qui limitent la compétitivité de l'agriculture familiale et énumérer les opportunités pour atteindre la sécurité alimentaire et un développement durable. Tel était l'objectif de l'atelier sur l'agriculture familiale qu'a abrité le Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d'Ivoire (CSRS) le jeudi 24 Avril 2014. Plusieurs institutions ont répondu à l'appel du CSRS. Il s'agissait entre autres de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), du Ministère de l'agriculture, du Fonds Interprofessionnel pour la Recherche et le Conseil Agricole (FIRCA), du Centre Ivoirien pour la Recherche Economique et Sociale (CIRES), du Centre National de Recherche Agronomique (CNRA), de l'Institut Africain de Développement Economique et Social (INADES), de la Société de Développement des Forêts (SODEFOR), de l'Agence Nationale d'Appui au Développement Rural (ANADER) et bien d'autres structures pour qui la notion d'agriculture familiale demeure une question hautement prioritaire. 
Dans son discours introductif, le Prof Bassirou Bonfoh, Directeur Général du CSRS a mis un accent particulier sur les notions "d'engagement" et de "responsabilité" sans lesquels aucune reflexion sérieuse sur l'agriculture familiale ne peut être envisagée. 
Ces propos liminaires ont sans nul doute interrogé chacun des participants y compris les politiques sur leur rôle et leur capacité à retourner les statistiques actuelles qui desservent assurément le secteur de l'agriculture familiale. 

A l'audition de la quasi totalité des intervenants, l'unanimité s'est dégagé autour de la prépondérance de l'agriculture familiale. A titre d'exemple, 10% du budget dédié à l'Agriculture Familiale, 80% de la population en dépend, 80% des ressources de l'Etat allouées aux cultures de rente, pendant que ce type d'Agriculture contribue pour 60% au PIB de la Côte d'Ivoire. Malgré le rôle et l’importance de l'agriculture familiale dans les économies africaines, les paysans, principaux artisans de cette richesse travaillent et vivent toujours dans des conditions difficiles. Les politiques économiques et agricoles internationales et nationales ne leur sont pas toujours favorables. Tels sont les aveux des experts du monde agricole qui dénotent de la marginalisation du secteur de l'Agriculture Familiale. A cela s'ajoute la problématique du statut du paysan qui semble lui même contribuer fortement à sa propre négation en considérant son activité comme étant la résultante d'un échec social. Bref, le constat est loin des espérances nourries par l'opinion publique. Toute chose qui aura énormément contribué à raviver les débats en vue de redorer le blason à un secteur fortement sous estimé. 

Malgré cette mauvaise conjoncture ambiante, l'espoir peut renaître si les propositions nées de l'atelier sont effectivement prises en compte. Il s'agit entre autres de (i) Mettre en place des exploitations familiales intégrées, continues et compétitives (ii) Développer l’IG en vue d'une valorisation des produits agricoles et une meilleure rémunération des producteurs (ii) Placer l'Agriculture Familiale au cœur des priorités nationale (iii) susciter chez les organisations internationales un fort intérêt pour l'Agriculture Familiale (iv) Promouvoir l'Agroforesterie (v) Organiser et surveiller le secteur de l'Agriculture familiale, gage d'indépendance et de souveraineté alimentaire. 

Initié par le CSRS en sa qualité de membre de la Plateforme d’Action Nationale pour l’Agriculture Familiale, en Côte d’Ivoire (PANAFCI), cet atelier s'inscrivait dans le cadre de la célébration de l’Année internationale de l’agriculture familiale 2014 (AIAF) dont le but était de rehausser l’image de l’agriculture familiale et de la petite agriculture en focalisant l’attention du monde entier sur leur contribution significative à l'éradication de la faim et de la pauvreté, à l’amélioration de la sécurité alimentaire, de la nutrition et des moyens d’existence, à la gestion des ressources naturelles, à la protection de l’environnement et au développement durable, en particulier dans les zones rurales.

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