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Recherche : les stations innovantes de compostage de déchets organiques municipaux remises aux populations de Tiassalé et de Yamoussoukro

Après environ deux années de mise en œuvre, le projet de compostage des déchets organiques ménagers municipaux a connu son apothéose respectivement dans les localités de Tiassalé et de Yamoussoukro devant un parterre d’autorités administratives, politiques et traditionnelles. Le caractère pragmatique dudit projet a également nécessité la présence massive des acteurs de la société civile avec en toile de fonds, les femmes, principales pourvoyeuses d'ordures ménagères. Ce projet a été financé à hauteur de 60 000 000 FCFA par le Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d’Ivoire (CSRS), la Fondation Volkswagen , le Fond National Suisse pour la Science et la Coopération Suisse pour le Développement (DDC). 

Le Professeur Bassirou Bonfoh, Directeur Général du CSRS, a tenu à saluer la fructueuse collaboration entre son institution et l’ensemble des acteurs locaux, permettant ainsi de réaliser d’importantes avancées. Parmi ces avancées, on peut noter l’appropriation par les acteurs locaux des stations de compostage. A Yamoussoukro comme à Tiassalé, le DG du CSRS a insisté sur la capacité d’un tel projet à non seulement aider au tri des ordures ménagères mais aussi et surtout à générer des opportunités d’emploi et/ou économiques avant de féliciter l’ensemble des autorités locales pour leur nette implication tout au long de l’exécution du projet de compostage. Saisissant l’occasion, les autorités préfectorales et municipales ont réitéré l’engagement de l’Etat de Côte d’Ivoire de se faire accompagner par le CSRS dans cette noble initiative qui sans nul doute, constitue une importante contribution dans le cadre de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). 

Emboitant le pas au Prof Bassirou Bonfoh, le Dr Dongo Kouassi, Coordinateur du projet de compostage des ordures ménagères et enseignant chercheur à l’université Félix Houphouët Boigny de Cocody, a dans son rapport, passé en revue les différentes réalisations de ce projet notamment dans les domaines de la lutte contre l’insalubrité, la production d’engrais source d’accroissement de la productivité agricole, la création d’activités économiques et enfin l’assainissement des villes pilotes que sont Tiassalé et Yamoussoukro. C’est ainsi qu’il a rappelé dans son exposé, que les des activités de formation et de sensibilisation ont également été menées afin d’atteindre les résultats présentéss. 

L’autre temps fort de cette double cérémonie de restitution des résultats reste la visite sur le terrain des différentes stations de compostage. De part et d’autre, les participants ont pu effectivement percevoir le fonctionnement d’une station de compostage des déchets organiques ménagers. A Tiassalé par exemple, les acteurs locaux sont parvenus à développer autour de la station de compostage, la culture hors-sol communément appelée culture hydroponique dont la solution nutritive dépend désormais du compost produit à partir de la station, comme en témoignent les propos du jardinier sexagénaire recueillis sur les lieux : « avec la fiente de poulet, mes plantes durent 40 jours avant maturation, mais avec le compost, mes plantes font seulement 24 jours et je commence à vendre. » 

Les déchets organiques ménagers représentent une réelle inquiétude pour la quasi-totalité des villes africaines. Leur collecte le long des voies urbaines ainsi que leur traitement coûtent cher. Dans les Pays sous-développés où les décharges ne reçoivent en moyenne que 30 à 50% des déchets produits, la préoccupation est plus intense du fait des risques pour la santé liés aux amoncellements de déchets en putréfaction et de l’encombrement des rues et des canaux d’évacuation des eaux. 

Fort de ce qui précède, l’idée de construire à grande échelle des stations de compostage de déchets organiques municipaux devient donc une opportunité à saisir par toutes les parties à l’effet de garantir le bien être des populations qui n’ont que trop souffert de la mauvaise gestion des ordures au sein des villes Africaines.

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