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Ethique et réglementation de la recherche : TRREE, un puissant outil à la disposition des chercheurs utilisant l’humain

Toute investigation expérimentale sur l'être humain, qu'elle soit pour le développement des connaissances bio-médicales ou pour le développement des connaissances comportementales, elle doit se faire selon une démarche scientifique irréprochable. Elle doit respecter la liberté d'action des personnes, de leur sécurité, du principe de justice ; et un consentement libre, éclairé. Les personnes qui se prêtent à la recherche ne décharge pas les chercheurs de leur responsabilité morale et éthique. C’est l’essentiel de ce qui ressort de l’atelier de restitution des résultats du projet de renforcement du partenariat scientifique Ivoiro-Suisse sous le thème : la protection des êtres humains impliqués dans les recherches biomédicales en Côte d’Ivoire. 

La salle du Conseil de l’Université Félix Houphouët Boigny, retenue pour la circonstance, a enregistré la participation de plus d’une quinzaine d’institutions dont le Centre Suisse de recherches scientifiques en Côte d’Ivoire, les agences spécialisées du Gouvernement, les Ministères techniques, les agences du systèmes des nations unies, les universités publiques de Côte d’Ivoire ainsi que l’Université de Neuchâtel en Suisse et l’Université de Dschang au Cameroun. Outre les participants, l’atelier a noté la présence du Professeur Dominique Sprumont, Coordinateur du Training and Resource in Research Ethics Evaluation (TRREE), laureat du projet PNUD 2 en partenariat avec le Dr Sylvain-Geaorges Kablan de l’Université Peleforo Gon Coulibaly de Korhogo. 

A l’ouverture de l’atelier, le Professeur Ly Ramata, Présidente de l’Université Felix Houphouet Boigny de Cocody s’est rejoui de la fructueuse cooperation prevalant entre les institutions, favorisant ainsi l’accès à certains plateaux techniques hautement équipés ainsi que la co-tutelle des thèses. Pour elle, ce dynamisme est à mettre au compte du Directeur Général du CSRS qui oeuvre constamment à l’avènement d’une recherche de qualité. Revenant au thème du jour, elle s’est voulu on ne peut plus clair en déclarant : « tout projet de recherche de recherche doit être soumis à un comité éthique independant car toute recherche comporte potentiellement des risques les humains. » 

Conformément au programme établi, l’honneur est prioritairement revenu au Prof Dominique Sprumont, Université de Neuchâtel, d’entretenir l’auditoire sur le thème : « le renforcement de la capacité des acteurs impliqués à la protection des participants à la recherche : l’apport du programme TRREE ». Au cours de son exposé, il d’abord évoqué l’historique de TRREE avant de revenir sur les diverses opportunités qu’offre TRREE. Aussi a-t-il laissé entendre que 80% de la recherche est financée par le secteur industriel, ce qui pose du coup le problème de l’intégrité de la recherche. Propos fortement soutenus par le Prof Bassirou Bonfoh, Directeur Général du CSRS. Pour lui, l’éthique dans la recherche devrait aussi considerer l’environnement, l’intégrité et l’équité sans lesquelles aucune recherche viable ne peut être menée. 

Quant au Prof Kassia Bi et le Dr Sylvain Kablan, respectivement de l’Université Félix Houphouet Boigny de Cocody et de l’Université Peleforo Gon Coulibaly, ils se sont longuement prononcés sur les dispositions juridiques qui pourraient soutendre l’action du Comité National d’Ethique et de Recherche (CNER). Selon eux, il est plus que jamais nécessaire pour le Ministère de tutelle de prendre de nombreux arrêtés à même de protéger les participants à la recherche avant de regretter l’inadéquation des textes actuels avec le contexte de la recherche ivoirienne notamment en lien avec les questions d’éthique. 

Pour les autres intervenants à savoir le Professeur Eliezer N’goran et le Dr Jérôme Ateudjieu, ils ont plutôt mis en exergue le mode de fonctionnement d’un Comité éthique tout en faisant des propositions relatives à sa nomenclature. Sur la question, le Dr Ateudjieu n’a pas manqué de partager l’expérience Camerounaise qui aura visiblement séduit l’ensemble des séminaristes du fait de son caractère participatif. 

Au terme des échanges, les participants ont convenu de faire des propositions sous divers angles. Au plan juridique, l’atelier recommande l’adoption des textes spécifiques sur le droit des sujets de recherche. Au plan politique, l’atelier recommande de (i) de faire compléter les textes juridiques existant (ii) de faire référence aux directives internationales en cas de défaillance. En direction des comités éthiques, l’atelier recommande de créer des comités institutionnels compétents à même de préparer les chercheurs à soumissionner aisément auprès du Comité National d’éthique et de recherche. A l’endroit des autorités, l’atelier recommande une plus grande implication de celles tout en créant et renforçant les point focaux. A l’endroit des systèmes de santé, l’atelier recommande la sensibilisation et la formation des acteurs concernés. A l’endroit des comités éthiques, l’atelier recommande (i) la sensibilisation et (ii) la formation continue via TRREE (iii) la création de comités institutionnels sur le modèle camerounais. 

Enfin, et faisant suite au vœu de la Présidente de l’Université Félix Houphouët Boigny de Cocody, Prof Ly Ramata, l’atelier suggère la traduction de TRREE en module d’enseignement à dispenser au sein des universités publiques. 

Ce séminaire s'inscrivait dans le cadre du projet de renforcement du partenariat scientifique Ivoiro-Suisse, dénommé Projet CSRS-PNUD2 No4, institué par le Centre suisse de recherche scientifique en Côte d’Ivoire (CSRS) en collaboration avec l’Université Félix Houphouët Boigny de Cocody, l’Université de Neuchâtel en Suisse et avec le concours financier du Programme des Nations Unies pour le Développement.

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