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Le Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d'Ivoire (CSRS) a lancé officiellement les festivités de son 75e anniversaire le jeudi 26 mars 2026 à Adiopodoumé. Cette célébration, marquée par un soutien financier massif de Berne, souligne une alliance historique qui place la recherche au cœur du développement entre les deux nations.

 

C’est une longévité qui force le respect. Fondé en 1951, le CSRS a traversé les époques pour devenir aujourd'hui un « écrin » de la relation ivoiro-suisse. Pour marquer ce jubilé de platine, les plus hautes autorités des deux pays ont fait le déplacement dans la commune de Yopougon.


Un héritage plus vieux que l'indépendance

Dans son allocution, le Vice-président de la Confédération Suisse, Ignazio Cassis, a partagé son émotion de médecin retournant à ses « racines ». Rappelant que le centre est né bien avant que la Côte d'Ivoire ne soit le pays que nous connaissons aujourd'hui, il a insisté sur la dimension humaine de cette coopération.


« Ce centre est un véritable écrin de relation entre la Suisse et la Côte d’Ivoire. Dans un monde bouleversé par les crises, la science aide non seulement à combattre les maladies, mais aussi l’agressivité humaine », a déclaré le Vice-président helvétique.

 

L'officiel suisse a joint l'acte à la parole en confirmant le soutien financier de son gouvernement : une enveloppe de 2 millions de francs suisses (environ 1,45 milliard de francs CFA) est actée pour la période 2025-2028.


Le défi du sous-financement

Prenant la parole, le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, le Professeur Adama Diawara, a salué un « modèle réussi » de diplomatie scientifique. Tout en rendant un hommage appuyé au directeur sortant, le Professeur Inza Koné, le ministre a profité de la tribune pour poser un diagnostic sans concession sur les moyens alloués à la recherche nationale.

 

« Nous souffrons d'un sous-financement de la recherche. Alors que l'Union africaine préconise d'y consacrer 1 % du PIB, nous en sommes encore à 0,08 %. C'est là que l'appui de la Suisse est déterminant », a martelé le ministre Diawara.


Il a également tracé les perspectives d'avenir, notamment la création d'une Agence ivoirienne de valorisation, inspirée du modèle suisse Innosuisse, pour transformer les découvertes de laboratoire en richesses concrètes pour les populations.

 

Un impact mesurable sur le terrain

Le volet technique de cette célébration a mis en lumière des chiffres éloquents. Le Dr Yaya Sangaré, Secrétaire Général du FONSTI, a rappelé que l'appui suisse a permis de financer 275 projets de recherche et d'aboutir à 145 thèses de doctorat.


De son côté, le Professeur Juerg Utzinger, directeur du Swiss TPH, a souligné le poids scientifique de l'institution : à lui seul, le CSRS produit 20 % de la recherche scientifique en Côte d'Ivoire. Un apport colossal qui ne se limite pas aux statistiques, mais touche à la sécurité alimentaire, la biodiversité et la santé publique.


La cérémonie s'est achevée par le dévoilement d'une plaque commémorative, symbole d'un engagement tourné vers les 25 prochaines années. Car si le bilan est riche, l'ambition, elle, reste intacte : faire de la science le levier majeur de la transformation sociale en Afrique de l'Ouest.


Samuel Kadio/L'infodrome.com